Gastéropodes mystérieux de Grignon

Volutocorbis crenulifera – Deshayes

 

Présentation des coquilles citées par les anciens auteurs comme présentes à Grignon, mais que les membres du club géologique ne semblent pas avoir retrouvées ni citées, malgré les nombreux travaux effectués par les équipes dans la falunière.

Cette liste n’est pas exhaustive bien sûr et d’autres, surtout les toutes petites coquilles, pourraient être ajoutées. Certaines espèces ne sont citées qu’en provenance de Grignon et parfois en un seul exemplaire.

Les raisons de ces non-redécouvertes sont variées. Quelques causes possibles :

1 – Niveaux absents dans la falunière mais présents dans le parc . Exemples: 31 – 4, 205 – 2,  206 – 2

2 – Espèces tératologiques: exemples probables: 137 – 2, 151 – 4

3 – Individu géant ou nain d’une autre espèce

4 – Niveaux présents dans la falunière mais non exploités soit car paraissant azoïques soit difficilement accessibles soit très dégradés (cas de la fouille profonde par le MNHN) 

5 – Coquilles n’ayant pas vécu dans cet espace (transportées)

6 – Familles faiblement représentées à l’exemple des Cypraeidae et des Ovulidae rarissimes, pourtant citées hors de la falunière (Fritel) ou les Athleta du groupe des Volutocorbis

7 – Absences dues à des très faibles tris de sédiments chez le chercheur.

NB : les sites des Yvelines sont d’une grande richesse, cela est connu et reconnu. Ainsi le gisement de Villiers St Frédéric (VSF) (interdit depuis + de 20 ans), similaire et aussi riche, dont  les niveaux bas et hauts étaient plus ou moins facilement accessibles, permettait la récolte de fossiles spécifiques à ces niveaux de façon assez fréquente. En fait tous ces niveaux existent à Grignon mais dispersés aux « 4 coins » de la propriété.

Remarques sur chaque espèce citée et figurée sur les planches ci-dessous :

31 – 4 – Cette belle coquille nacrée très fragile est rare partout, mais quelques individus ont été trouvés à VSF, « Cressay » et dans la région de Pacy s/Eure, souvent fragmentée.

52 – 17 – Coquille unique incomplète et seulement citée à Grignon. peut-être une variété d’une espèce plus connue.

Mme Loustau, contemporaine de Cossmann a fait beaucoup de recherches à Grignon et elle a fourni des fossiles à cet auteur qui lui a dédié quelques nouveautés. La terminaison « ae » correspond au féminin.

54 – 7 – Petite (4,5mm); citée dans 5 autres gisements où elle est difficile à trouver sans trieuse à cause de sa très petite taille et de sa fragilité.

61 – 16 – Cette grosse natice dont l’holotype est conservé au MNHN et bien que des sondages aient été effectués auprès de collectionneurs du BP, personne ne semble l’avoir trouvée jusqu’à ce jour, pas plus qu’à VSF ou Parnes où elle est citée. Cossmann pensait que cela pouvait être un individu géant d’une Amaurellina (64bis, maintenant Pachycrommium)) ce qui est plus que douteux.

64ter5 – Petite natice allongée qui pourrait être prise pour un jeune exemplaire de l’acuminata (64bis 4) mais la présence d’un ombilic exclue cette assimilation.

74 – 10 – Ce bel Hipponix plat est très rare partout : nous avons trouvé 2 exemplaires à Fercourt. Etant donné que les Hipponix vivent fixés sur un support ils peuvent prendre la forme du substrat et donc il pourrait s’agir d’une forme aplatie d’un autre (?).

80 – 1 –  Cette espèce terrestre est très répandue dans les niveaux très élevés du Lutétien et n’est sans doute pas rare, sauf dans la falunière.

D’après la compilation de Jean-Pierre Cambien

107 – 10 –  Petite littorine confinée semble t-il à Grignon et à la Ferme de l’Orme. Peut-être ne l’avons nous pas remarquée ou confondue avec autre chose. A rechercher donc.

107 – 13 -Très rare dans ces 3 sites. Trouvée par nous à Maulette.

137 – 2 – Ce petit cérithe pourrait n’être qu’un individu monstrueux d’un autre.

143 – 2 – Coquille senestre citée dans plusieurs gisements mais nous n’avons trouvé qu’un exemplaire dans le niveau à oursins. Peut-être l’avez-vous découverte ?

151 – 4 – Il s’agit très probablement d’un monstre du très variable Potamides lapidorum des niveaux très élevés.

179 – 5 – Pas facile à distinguer de l’excisus (179 – 4) qui lui est fréquent autour du niveau à Chama. Nommé muricinus par Deshayes et renommé axestus pour cause d’homonymie.

191 – 6 – Sans doute une forme aberrante du crassilabrum (179 – 10) qui n’aurait pas épaissi son labre à l’état adulte. A classer maintenant dans le genre Endopachychilus et non Latirus.

205 – 2 – Une des plus belles coquilles du BP (voir miniature en tête de l’article) ; assez classique dans les niveaux bas du Lutétien moyen du Vexin, mais qui doit être présente dans ces mêmes niveaux, dans le parc de Grignon.

206 – 2 – Même observation que pour l’espèce précédente mais dans les niveaux hauts. Fréquente dans le Lutétien de la région d’Epernay.

D’après la compilation de Jean-Pierre Cambien

Conclusion :

L’attention est attirée par ces espèces de gastéropodes que l’on n’arrive pas à retrouver lors de nos fouilles et qui pourtant ont été cités par les anciens auteurs dont les plus célèbres sont Lamarck qui est celui qui a le plus « travaillé » à Grignon, Deshayes qui avait beaucoup de matériel du site, puis Cossmann qui a créé aussi des espèces surtout à partir de dons.

Deux autres espèces nous reviennent en mémoire qui, bien que citées, nous laissaient un doute : Pachycrommium hybridum (64bis1).et Orthochetus leufroyanus (148 – 1) ont en fait été retrouvés en un exemplaire chacun par l’un d’entre nous.

L’intérêt principal de ce travail serait que certains d’entre nous aient pu trouver une ou plusieurs de ces coquilles et nous les présente.

Planche : Jean-Marie Dordonnat d’après la compilation de JP Cambien.

Texte : Daniel Ledon

Novembre 2017