Les Cassidae de Grignon

Galeodea nodosa subenodis

Dans la série des travaux de Daniel, voici le 12ème consacré aux Cassidae de Grignon. 

« Suite à un article récent concernant les Cassidae découverts dans les gisements du Lutétien supérieur du Cotentin nous avons consacré quelques instants lors de la réunion du 13/01 dernier tout en examinant des spécimens, à nous poser des questions au sujet des deux espèces présentes à Grignon et faisant l’objet du dit article : Galeodea nodosa nodosa et Cassis (Morionella) harpaeformis.

Les auteurs de l’article en question ont en effet procédé à la création d’espèces nouvelles  proches de celles trouvées à Grignon et ailleurs dans le Bassin de Paris.

La question n’est pas de juger si ces créations sont justifiées ou non mais d’avoir comme objectif une réflexion, étant donné que les anciens auteurs (Deshayes et Cossmann) avaient bien insisté sur le fait qu’il s’agissait de deux espèces très variables.

Sujets : (historique compliqué, simplifié ci-dessous).

Super-famille : Cassoidea

Famille : Cassidae

1 – Genre : Galeodea  Link, 1807

Espèce : nodosa  nodosa (Solander in Brander, 1766)

 Cette belle espèce fréquente dans le Lutétien du Bassin de Paris (une quinzaine de sites) est rare à Grignon et ne se trouve guère que dans le niveau dit « à oursins » où elle est rare. Sous sa forme typique son ornementation sur le dernier  tour est composée de 4 carènes ornées de tubercules arrondis plus ou moins saillants suivant les individus, plus faibles voire obsolètes sur celle du bas.  Rare à Grignon. Photo 1

Deshayes avaient signalé plusieurs variétés dont des individus à carènes sans tubercules. Cette forme présente mais très rare à Grignon a fait l’objet d’un nouveau nom dans l’article cité plus haut. Ces auteurs la citent aussi à Fleury la Rivière mais ils oublient les individus qui présentent des carènes lisses en alternance avec d’autres tuberculeuses sur le même exemplaire. Photos 2 et 3

Deshayes en 1835 met aussi en variation de nodosa une variété à 3 carènes seulement, puis en 1866 il la considère comme une espèce à part, ce qui est justifié, et la nomme G. enodis. Cette forme donnée dans 8 sites est très rare et ne semble pas avoir été trouvée à Grignon.  Photo 4

De plus le même auteur crée en 1866 G. retusa, forme bartonienne à tubercules épineux. Nous avons eu la chance d’avoir trouvé aussi cette forme dans le Lutétien : forme G. nodose retusa. Photo 5

2 – Genre : Cassis  Scopoli, 1777 

Sous-genre : Morionella  Dall, 1909.

Espèce : Cassis (Morionella) harpaeformis Lamarck, 1803.

Jolie coquille présentant aussi de fortes variations, assez rare à Grignon, présente mais rare dans le niveau à oursins et plus fréquente autour du niveau à Chama lamellosa.

Citée dans une douzaine de gisements du Bassin de Paris et aussi dans l’article sur le Cotentin où des formes proches ont fait l’objet de 3 nouveaux noms sans compter le C. brasili de Cossmann.

A Grignon deux formes se présentent :

1 – La plus courante est la forme typique à 2 rangées de tubercules séparées l’une de l’autre par un intervalle concave et des plis axiaux sur le dernier tour plus ou moins marqués. Photo 6

2 – Forme très rare, à tubercules très atténués sur le dernier tour et intervalle non (ou peu) creusé entre les rangées de tubercules. Photo 7

Il faut signaler que la forme générale de la coquille varie aussi entre les individus trapus (forme 1) et ceux plus allongés et ventrus (forme 2). Observation valable aussi pour G. nodosa nodosa.

Conclusion :

Bien que la variabilité de ces deux espèces soit importante on peut se demander si la création d’un nom nouveau est nécessaire pour chacune d’elles ou non, cela reste à l’appréciation de chaque chercheur. Cela n’empêche pas d’y réfléchir et éventuellement de l’écrire.

On peut aussi se demander si la création de nouvelles espèces proches de ce que l’on connait est opportune ou non, mais cela relève d’un éternel débat !

A Versailles :   21/ 01/ 2018

D. Ledon

>> Les articles précédents de Daniel sont ici