Les Scala

Chers amis,
 
Dans le même esprit que pour les Sassia, les Sigmesalia et les Natica voici une présentation des « Scala » (terme abandonné) citées comme présentes à Grignon par les anciens auteurs, jolies coquilles mais pas faciles à déterminer. 
1 – Présentation
Extrêmement nombreuses dans le Paléogène du BP, surtout dans l’Eocène et en particulier dans le Lutétien, ces coquilles sont bien représentées à Grignon puisque 27 espèces ou sous-espèces y sont citées (sur un peu plus de 50 dans tout le Lutétien) par les anciens auteurs (De Boury, Deshayes,Cossmann, Fenaux) ou plus récemment Jacques Le Renard.

Classées dans la super- famille des Epitonioidea Berry, 1910, qui comprend deux familles :
– les Epitoniidae, comprenant de loin les plus nombreuses espèces.
– les Nystiellidae
Note : le terme Scala est abandonné car créé dans la période pré-linnéenne et non repris, ainsi que celui de Scalaria qui est postérieur.
On note que, malgré cela, le terme « scala » est souvent inclus dans les genres et sous genres.
Remarques générales:
1 – Lors des fouilles nous recueillons d’assez nombreux exemplaires à Grignon, mais les difficultés commencent lorsqu’il s’agit de mettre un nom sur ceux-ci pour les raisons suivantes:
– peu sont complets ou presque en raison de leur fragilité. A ce propos il faut se méfier des petits échantillons (2 ou 3 mm) qui sont souvent non pas des espèces particulières mais la pointe d’un exemplaire adulte brisé..
– beaucoup d’espèces sont proches voire très proches.
– certaines sont très rares ou très petites et donc difficiles à trouver.
– les figurations sont souvent défectueuses dans l’Iconographie, d’où la nécessité de se référer à l’auteur d’origine.
2 – Le grand spécialiste était Eugène de Boury qui de 1883 à 1917 a beaucoup publié sur ces familles et pas seulement pour le BP. Le dernier connu est Fenaux qui, en 1937-38 a créé quelques nouvelles espèces dont deux de Grignon.
J Le Renard seulement a cité certaines espèces : elles sont spécifiées.
3 – Un nombre considérable de genres et de sous genres ont été créés de toutes provenances, dont certains pour de petits détails.
 
2 – Espèces citées à Grignon avec quelques commentaires
Genre Epitonium (Crisposcala)
Seules 2 espèces sont signalées à Grignon (1 et 2), mais les différences entre les 4 premières sont tellement minces qu’il n’est pas facile de les distinguer. 
GA 52- 01 : crispum crispum côtes lamelleuses assez serrées et épaisses. Photo 1
GA 52- 02 : crispum denudatum (synonyme « plesiomorpha« ). Très proche de 1 avec formes de passage ne permettant pas de les différencier. Lamelles plus serrées et plus fines mais formes intermédiaires. Dernier tour plus haut par rapport à la spire. Photos 2 et 3
GA 52-03 : tenuilamella mise pour comparer au cas où certains l’auraient trouvée. Les lamelles se replient à angle droit et ce repli est orné de très fines stries visibles à la loupe (voir figures de Deshayes). Photo 4
GA 52-04 : junctilamella un exemplaire certains découvert à « Cressay » (photo), donc possibilité de le trouver à Grignon. Les lamelles sont comme « soudées » les unes aux autres.  Photo 5
               oustauae 1 ex incomplet cité. Espèce citée de Grignon mais excessivement rare et n’ayant pas été retrouvée.
 
Genre Cirsotrema (Cirsotrema)
GA 52-18 : elegantissima: TR. Photo 6
                  subelegans (Fenaux 1 ex). Photo 7
 
Genre Cirsotrema (Coroniscala)
GA 52-19 : coronale (JLR  3 ex). Photo 8
 

Genre Amaea (Acrilla)

GA 52-26 : gallica très grande ( jusqu’à 50 mm parfois selon Deshayes). Photo 9
GA 52-30 : reticulata grignonensis: une des plus fréquentes à Grignon. Photo 10
GA 52-34 : decussata. Photo 11
GA 52-35 : angusta:  proche de 34 mais bien plus étroite. Photo 12
 
Genre Opalia (Dentiscala)
GA 52-40 : plicata plicata.  Photo 13
GA 52-40′ : plicata marginostoma: pas rare dans le niveau à oursins. Photo 13
 
Genre Opalia (Crassiscala)
GA 52-41 : francisci
GA 52-42 : variculosa: plus étroite que 41 et côtes persistant jusqu’au dernier tour.
GA 52-43 : bigoti: très rare et mal définie.

Genre Opalia (Plisciscala)
GA 52-37 : gouldi gouldi (JLR 5 ex)  petite: 7 mm max..
GA 52-37′ : gouldi sellei  (JLR 1 ex)  idem
 
Genre Canaliscala
GA 53-1 : heteromorpha espèce des niveaux élevés du LutétienEst classée désormais près des Potamides

Genre Tenuiscala (Tenuiscala) petites 4 à 7 mm max.
GA 54-1 : laubrierei (JLR 15 ex!) 5,8 mm. Détermination incertaine. Observez la protoconque. Personnellement non trouvée à Grignon. Photo 14
GA 54-3 : ramondi  3 mm.  Villiers St Frédéric. Pas trouvée à Grignon. Photo 15
GA 54-7 : cloezi TR 3,5 mm

Genre Tenuiscala (Cerithiscala) comme le nom l’indique ce sont de petites coquilles minces et fragiles
GA 54-5 : primula (JLR 19 ex!)
 
Genre Acirsa coquilles étroites, allongées, d’aspect proche des espèces étroites de Bayania.
GA 56-6 : canicularis classée autrefois dans les Bayania. Pas de côtes mais stries spirales serrées. Photo 16
GA 56-8 : striatula Les figures aussi bien de Deshayes que de Cossmann ne sont pas bonnes. Photo 17
               turriculata (Fenaux 1 ex) – Espèce citée de Grignon mais excessivement rare et n’ayant pas été retrouvée.

Genre Graphis (Graphis) – (ex Aclis) : jolies coquilles minuscules.
GA 58-2 : minutissima (localitè type mais JLR 0 ex!  1,5 mm). Espèces citées de Grignon mais excessivement rares et n’ayant pas été retrouvées.
GA 58-3 : eugenii : Détermination à peu près sûre mais avec des coquilles aussi minuscules et aussi rares les erreurs sont possibles. Cette espèce, qui n’est pas représentée ici par un spécimen de Grignon, semble être la seule de son genre dans ce site. Seul JLR écrit l’avoir trouvée (11 exemplaires cités). Photo 18
 
Quelques photos : 

 

NB- Toutes les espèces listées ci-dessus ont été soit citées par des auteurs soit trouvées par nous mêmes mais pour les photos il était préférable de mettre les plus beaux exemplaires.

A Versailles le 03 / 01 / 2017.
D. Ledon