Archives de catégorie : Grignon

GRIGNON, UNE PASSION

                                  Claude à la recherche de la coquille *

Après 26 années et 7 mois passés à la tête de l’Equipe de Grignon, émanation du Club Géologique de La Poste et Orange (ex France Télécom) en Île de France j’ai pensé qu’il était temps de céder la place à mon successeur, en l’occurrence, Yann Deffontaine qui a été élu à la tête de notre Association lors de l’Assemblée Générale de mars 2017.

Je rappelle qu’à l’origine du Club, en 1981, Jacques Géraud étant Président, j’ai commencé par en être le Vice-Président pendant 21 ans puis comme Président pendant 11 ans. J’ai dû également pendant un certain temps, représenter notre association auprès des instances nationales du Club basées à Lyon en Région PACA lors des réunions. Son Président National m’a demandé de le représenter auprès de la CACF (Convention des Activités Culturelles Françaises). La majorité des associations de théâtre, musique, …dépendaient de lui, de même que le Studio Raspail où se déroulaient leurs spectacles. Celui-ci ayant pris la mauvaise habitude de siphonner nos subventions à leur profit (Je crois que nous étions les seuls, avec Objectif Image Paris à participer aux frais à fonds perdus), nous en sommes partis.

Ultérieurement, Jacques m’est témoin que nous avons été pris violemment à partie par un courageux anonyme lors de l’AG Nationale du Club en 2009.  Aucun président de séance, aucun président de Région n’est intervenu. Dans ces conditions, nous n‘avons plus participé à aucune de ses réunions.

Dire que certains affirment que la vie est un long fleuve tranquille !

 Le document que j’ai rédigé poursuit deux buts : montrer ce qu’il a fallu faire pour, à partir de rien, sans connaissances spéciales, mais beaucoup de bonnes volontés, qui ne m’ont jamais manqué, arriver aux résultats que vous connaissez, et qui me rendent plutôt fier du travail que nous avons accompli.

Il a fallu convaincre les divers dirigeants de La Poste et France Télécom, fournir des dossiers pour espérer recevoir leurs subventions, mais aussi les dirigeants de l’Institut National Agronomique Paris-Grignon, je pense tout spécialement à Messieurs Durey et Mélin qui nous ont toujours soutenus et encouragés et, in fine, Jean-Claude Fischer le Directeur du Muséum National d’Histoire Naturelle de l’époque. 

Le second but, plus personnel, c’était de laisser une documentation visible et documentée de ce qui m’a occupé autant de temps. Laisser aussi une trace pour nos successeurs.

« Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est la difficulté qui est le chemin », ainsi que je l’affirmais sur nos Bilans d’Activité.

Ils profiteront de notre travail de défricheurs, et j’espère qu’ils le continueront longtemps.

En quelque sorte, ils « entreront dans la carrière quand leurs aînés n’y seront plus ».

J’ai retrouvé des documents dont j’avais perdu la trace et je les ai ordonnés en chapitres. Cela permet à tous, mais aussi à moi de les retrouver plus facilement. J’ai remodelé leur liste pendant tout mon travail de rédaction pour aboutir à ce document que je vous laisse.

Claude HY

* Un clin d’œil à Claude qui m’a fait découvrir ce magnifique texte de Valéry ‘l’homme et la coquille’. JD

19 septembre 2020 Journée du Patrimoine

P1950949-falunière-3-MH-800x600Cette année encore, la visite de la falunière paléontologique de Grignon et de l’exposition permanente du Club Géologique IdF est inscrite au programme de la Journée du Patrimoine. 

Samedi 19 septembre 2020. Lieu de Rdv et départ des visites devant le pigeonnier :  1 Avenue Lucien Brétignières – Cour des Meules – 78850 Thiverval Grignon

Au programme,

  • Visite commentée de la falunière par Didier Merle, Maître de Conférences, Chargé de conservation des collections de mollusques fossiles au MNHN de Paris. 

         >  3 visites (départs à 14h, 15h et 16h). Port du masque obligatoire sur le chemin d’accès à la falunière et lors de la visite. 

NB : Le parc et le château de Grignon sont interdits d’accès. La traversée du parc pour se rendre à la falunière et retour Cour des Meules se fait en groupe encadré par un membre du Club géologique IdF.

  • Commentaires et visite de l’exposition permanente et atelier binoculaire (observation de micro-fossiles) dans le pigeonnier.

       > accès permanent de 14h à 16h30. L’accès au pigeonnier sera limité à 5 personnes. Port du masque obligatoire. 

Retrouvez cette manifestation sur le site des Journées européennes du patrimoine 2020 en Île-de-France.

NB : Dès l’arrivée sur le parking de Cour des meules, lors de la visite du pigeonnier et durant les trajets et la visite de la falunière le port du masque est obligatoire.

D’éventuelles modifications de ce programme en fonction des contraintes liées à l’évolution de la situation sanitaire seront affichées en temps réel sur ce site.

LES GASTEROPODES BIVALVES

Une curiosité de la Nature  !

On peut être parfois surpris des solutions adoptées par la nature pour protéger un organisme et des convergences de forme qui en résultent, il en est un exemple dans le Groupe des Mollusques avec les Gastéropodes bivalves.

 

Comme on peut le constater il s’agit d’un mollusque dont les parties molles sont celles d’un gastéropode et dont la coquille est formée de deux valves le faisant ressembler à un pélécypode.

Plusieurs genres de mollusques présentent de telles caractéristiques ; nous nous intéresserons plus particulièrement au genre Berthelinia dont une espèce fossile est présente à Grignon à savoir Berthelinia squapula qui figure dans l’Iconographie de Cossmann et Pissarro sous le numéro PE 83-1 mais qui est désormais classée GA 243 Bis 3 selon les préconisations de Jacques Le Renard  et Jean-Michel Pacaud, du Muséum National d’Histoire Naturelle, parues en page 66 du Tome 3, numéro 3 de la Revue Cossmanniana en Mai 1995.

Cossmann décrit une coquille équivalve, lisse, très mince, inéquilatérale dilatée en arrière et arrondie en avant avec des crochets très petits et dont seule la valve droite porte une petite dent obsolète. Quant aux impressions musculaires et du manteau elles sont très peu précises. Toutefois Cossmann avait un doute sur cette coquille classée dans les bivalves. En effet il a écrit « Si je n’avais étudié les deux valves de cette singulière coquille j’aurais pu croire qu’il s’agissait d’un gastéropode »

Toutefois en dehors de sa rareté et de cet aspect très particulier l’intérêt principal des représentants de la famille des Juliidae réside dans les conclusions paléoécologiques que l’on peut en tirer: en effet les représentants actuels des Juliidae ont un biotope bien précis et très particulier puisqu’il s’agit d’une association très stricte avec des algues du genre Caulerpa, algues célèbres depuis qu’elles ont entrepris de coloniser la Méditerranée.

Par ailleurs les Juliidae ont des exigences écologiques très strictes : il leurs faut une température minimum de l’eau de 25°C, une salinité stable et de valeur normale, il leurs faut aussi une eau bien oxygénée et par ailleurs on ne les trouve jamais à plus de 2,5 mètres de profondeur. Toutes ces caractéristiques permettent lorsque l’on trouve à l’état fossile l’une de ces coquilles d’en déduire de précieux enseignements sur le faciès écologique du niveau dans lequel on se trouve. Claude Hy

Références bibliographiques

COSSMANN et PISSARRO Iconographie complète des coquilles fossiles de l’Eocène des environs de Paris

LE RENARD Le genre Namnetia Cossmann 1905, attribution aux Juliidae

 

JPO du Club à Grignon

Cette année le domaine de Grignon n’était pas ouvert pour la Journée Européenne du Patrimoine car AgroParisTech ne participait pas. Le Club avait malgré tout maintenu sa Journée Portes Ouvertes en ce samedi 15 septembre et c’est donc sur sa seule notoriété et la seule communication déployée par ses membres que 90 personnes ont bénéficié de l’accueil dans le pigeonnier et de la visite commentée de la falunière.  

L’accueil au RdC du pigeonnier 

  • Présentation des panneaux pédagogiques sur l’évolution de la vie au cours des temps, les transgressions et régressions marines qui ont façonné le sous-sol du Bassin Parisien au cours de l’Eocène, les scientifiques qui ont fréquenté Grignon, le contenu malacologique de chaque étage de la falunière. Commentaires sur les vitrines où sont exposées les coquillages trouvés dans chacun des niveaux de la falunière.
  • 2 ateliers binoculaires étaient aménagés dans le pigeonnier, avec observation guidée d’otolithes, d’algues calcaires, de chitons et de madréporaires. 

Visite de la falunière

  • Traverser, sous la conduite de membres du club, le parc du domaine, admirer le château Louis XIII et les différents bâtiments et être accueilli dans la falunière par Didier Merle pour une présentation pédagogique de haut niveau sur le contexte de formation des différents dépôts sédimentaires dans la falunière, la richesse de la faune, le récent arrêté préfectoral de protection du site…

Merci à Monsieur Olivier Martin, Directeur d’AgroParisTech Grignon, pour son autorisation à nous permettre d’emmener les visiteurs jusqu’à la falunière en traversant le domaine.

Merci à Didier Merle, Maître de Conférences au MNHN, pour ses 3 prestations de visite commentée de la falunière.

Merci à tous les membres du Club qui se sont investis dans l’organisation et la communication de la JPO.

Yann Deffontaine, Pdt du Club

Photo en-tête : Didier Merle et une partie du public

Protection du Lutétien de Grignon

Le 26 mai 2018  l’Arrêté de protection est pris par le Préfet des Yvelines.

En Île-de-France 2 sites figurent sur une liste départementale des sites d’intérêt géologiques et 2 arrêtés préfectoraux de protection de géotope (APPG) ont été pris pour :

  • le site d’intérêt géologique du lieu-dit de la ferme de l’Orme à Beynes ;
  • le site d’intérêt géologique du domaine de Grignon à Thiverval-Grignon. 

Il s’agit des deux premiers sites en France bénéficiant d’un APPG.

Concernant Grignon,  rappel des étapes du processus de protection :

  • Fiche d’inscription du domaine de Grignon à l’inventaire national du patrimoine géologique remplie par : Elise Auberger, Didier Merle et Jean-Pierre Gély.
  • Le 26 novembre 2015 : Motion du CSRPN, pour soutenir l’inscription à l’inventaire : « Le CSRPN confirme le fort potentiel scientifique de rang international que présente le site de Grignon. Celui-ci apparaît comme prioritaire dans le classement de l’inventaire du patrimoine géologique régional ». A la signature de Jean-Pierre Gély, Président de la Commission régionale du patrimoine géologique d’Ile-de-France et de Christine Rollard, Présidente du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel.
  • 26 Novembre 2017 : Dossier de présentation des sites d’intérêt géologique des Yvelines – Lutétien à Beynes et Grignon – par la Direction Régionale et Interdépartementale de l’environnement et de l’énergie (DRIEE) Ile de France à destination du préfet des Yvelines en vue d’établir un Projet d’arrêté de protection de Géotope  : « …Les sites d’intérêt géologique de Beynes et de Grignon constituent les deux sites prioritaires à protéger en Ile-de-France en raison de la formation géologique concernée du Lutétien, étage de référence internationale qui tire son nom de la région parisienne (Lutetia, ancien nom latin de Paris) où il fut décrit la première fois ainsi que de l’extraordinaire richesse paléontologique très bien conservée qu’ils contiennent. Il est donc absolument nécessaire de préserver ces sites remarquables (…) en prenant des arrêtés de protection de géotope permettant de préciser les mesures de protection adaptées en fonction du contexte géologique local et des usages existants. »
  • Décembre 2017 : Suite à la proposition de la DRIEE, projet d’arrêté de protection de Géotope (APPG) par la préfecture des Yvelines
  • Le 26 mai 2018 : Arrêté de protection pris par le Préfet des Yvelines.

DÉTERMINATION DES FOSSILES DE L’EOCENE

Trouver un fossile ? La belle histoire… qui commence ! Il va falloir le nettoyer, éventuellement le consolider, le déterminer, confectionner une étiquette/data (papier ou numérique), le classer…

Une étiquette/data doit comporter les éléments suivants : nom de genre suivi du nom d’espèce (détermination), nom de l’auteur et date de première description (Emarginula costata Lamarck, 1802), le lieu précis de découverte (carrière, lieu-dit, sans oublier le niveau dans la couche), l’étage géologique auquel il appartient et la date de sa découverte. Une photo éventuelle peut venir compléter ‘l’étiquette’ dans le cas d’insertion dans une base de données informatique.

Donc, la première chose fondamentale à faire est d’associer le fossile à son lieu précis de découverte. Vous seul.e êtes en mesure de l’indiquer. En cas d’erreur ultérieure de manipulation (mélange ou perte d’étiquettes, transfert de boites…), autant il sera toujours possible de déterminer le fossile, autant son lieu de prélèvement et son étage seront impossibles à reconstituer.

Pour la détermination :

  • Soit, vous êtes un virtuose et ce sera un jeu d’enfant
  • Sinon, vous avez besoin de documentation et c’est l’objet de ce document que d’indiquer pour chaque embranchement (mollusques, foraminifères…) les ouvrages de référence à consulter pour la détermination des fossiles de l’Éocène. Ces ouvrages sont pour la plupart libres de droit et disponibles sous forme numérique.
  • La troisième solution est de vous appuyer sur les éminents taxonomistes présents dans le club.
Photo : Description des animaux sans vertèbres découverts dans le bassin de Paris T2 Atlas. G.Deshayes Ed. 1866, extrait pl. 87

Jacques et Hervé

Grignon le 14 Avril

Réunion du 14 avril. Après le traditionnel tour de table, la parole est à Hervé D., qui, après plus d’une année d’absence, est revenu en pleine forme. Au programme, la restitution en avant première de ses travaux sur les foraminifères de Grignon avant publication. L’objet de ses travaux était l’étude des régimes hydrodynamiques, les conditions de dépôt et la mesure de la variation de la faune et son abondance. Ses travaux qui ont nécessité la manipulation de quelques 50000 foraminifères, ont permis à Hervé de mettre en évidence un phénomène de vannage des foraminifères sous l’effet des tempêtes et de déterminer avec précision les zones de la falunière à régime hydrodynamique fort (milieu agité et tempêtes) et les zones de régime hydrodynamique faible (dépôts inter-tempêtes et milieu calme dans une baie plus fermée.

Après le déjeuner, travaux de déblaiement et de fouilles dans falunière.

 

 

ECTINOCHILUS CANALIS

Ectinochilus canalis - Grignon
Ectinochilus canalis – Grignon

ECTINOCHILUS CANALIS : UNE COQUILLE REMARQUABLE DU LUTETIEN MOYEN DE GRIGNON

INTRODUCTION

Voici une espèce remarquable à plusieurs titres :

1 – Par sa localisation dans les différents niveaux de la falunière.

Malgré sa présence dans les niveaux les plus visibles de la coupe que le club exploite c’est de loin dans le niveau dit « à oursins » sous le plancher actuel de la carrière qu’elle pullule.

Présente aussi mais bien plus dispersée dans le niveau à Campanile et autour du cordon à Chamalamellosa.

2 – En considérant les 3 grandes localisations des gisements lutétiens du Bassin de Paris, c’est-à-dire le Vexin Français, la région d’Epernay et les Yvelines, c’est sans conteste dans ce dernier secteur qu’elle est la mieux représentée.

Continuer la lecture de ECTINOCHILUS CANALIS

Les Cassidae de Grignon

Galeodea nodosa subenodis

Dans la série des travaux de Daniel, voici le 12ème consacré aux Cassidae de Grignon. 

« Suite à un article récent concernant les Cassidae découverts dans les gisements du Lutétien supérieur du Cotentin nous avons consacré quelques instants lors de la réunion du 13/01 dernier tout en examinant des spécimens, à nous poser des questions au sujet des deux espèces présentes à Grignon et faisant l’objet du dit article : Galeodea nodosa nodosa et Cassis (Morionella) harpaeformis.

Les auteurs de l’article en question ont en effet procédé à la création d’espèces nouvelles  proches de celles trouvées à Grignon et ailleurs dans le Bassin de Paris.

La question n’est pas de juger si ces créations sont justifiées ou non mais d’avoir comme objectif une réflexion, étant donné que les anciens auteurs (Deshayes et Cossmann) avaient bien insisté sur le fait qu’il s’agissait de deux espèces très variables.

Continuer la lecture de Les Cassidae de Grignon