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Vente du domaine de Grignon : point fin déc 22

 Le domaine de Grignon – Photo Thomas Dizengremel

En cette fin d’année 2022, voici quelques nouvelles de la vente du domaine de Grignon : 

La rentrée scolaire 2022/2023 des étudiants d’AgroParisTech s’est faite sur le campus de Saclay. Le domaine n’est pas vide pour autant puisque, sur réquisition de l’Etat dans le cadre du plan grand froid, un bâtiment du domaine vient d’être transformé en centre d’hébergement d’urgence. Voir l’article du 17 déc. paru dans 78 actu.

Concernant la vente du domaine, des informations officieuses font état de l’intention du Conseil départemental des Yvelines, associé au promoteur spécialisé dans la gestion de campus « ixcampus« , de se porter acquéreur du domaine de Grignon. 

L’association Grignon 2000 associé à la Communauté de communes Cœur d’Yvelines et à la mairie de Thiverval-Grignon est toujours sur les rangs. Le projet « Pour un centre international dédié à la transition écologique » porté par Grignon 2000 a reçu le soutien de « L’union citoyenne de Grignon » (UCG), qui regroupe des associations locales (dont le Club géologique IdF et l’Arbre de fer… présents sur le site de Grignon), les syndicats d’étudiants d’AgroParisTech, les syndicats de chercheurs de l’INRAE, le collectif CFSG, l’Association de la Plaine de Versailles, France Nature Environnement Yvelines. l’UCG entend « préserver les multiples patrimoines du domaine de Grignon (naturel, culturel, universitaire, architectural…), et le promouvoir comme bien commun au service de la transition agroécologique. » 

Du côté d’AgroParisTech, à noter le lancement de la nouvelle Fondation AgroParisTech qui défend sa vision d’avenir de maintenir « la combinaison des 3 ha du Campus d’AgroParisTech et de l’INRAE au sein de l’Université Paris-Saclay, et les 570 ha du Campus agricole et forestier de Grignon, avec sa ferme expérimentale, sa forêt, ses labos et ses locaux prestigieux. »  

Il y a quelques jours, Michel Cartereau, Pdt de l’association l’Arbre de fer qui assure la protection des richesses botaniques et notamment l’arboretum du parc de Grignon a reçu la consigne du Directeur d’AgroParisTech d’avoir à libérer les lieux et rendre pour le 31 décembre son badge d’accès au domaine.

Grace aux révélations du Canard enchaîné dans 2 articles datés du 30/11/2022 et du 7/12/2022, un épisode de plus est à insérer dans le feuilleton en cours : la vente, par les Domaines, du mobilier historique du château de Grignon traité comme un simple mobilier ‘de style’. Voir l’article ‘édifiant’ de Didier Ryckert paru dans la tribune de l’ART « L’État brade du mobilier précieux du château de Grignon« .

Depuis la publicité faite autour de cette vente, le Mobilier national essaie de « sauver les meubles ». Voir l’article publié par le journal Le Monde le 11 janvier 2023.

 

La pourpre des Muricidae

 

Asterix-gladiateur

‘Astérix gladiateur’ – Goscinny et Uderzo

La pourpre antique d’origine marine est une teinture rouge violacée obtenue à partir de mollusques gastéropodes de la famille des Muricidées : Bolinus brandaris  (Linnaeus, 1758), Hexaplex trunculus  (Linnaeus, 1758) et Stramonita haemastoma (Linnaeus, 1767). 

1- Introduction

Cette teinture a pour origine un mucus incolore sécrété par la glande hyppobranchiale, présente dans la cavité palléale situé le long du rectum du mollusque, qui, après macération et ébullition et au contact de la lumière, devient jaune puis vert, bleu, et enfin pourpre. Au final, est obtenue une gamme de couleurs de diverses nuances allant des rouges sombres aux violets en passant par les bleus violacés. La nuance la plus prisée étant celle du « sang caillé noirâtre ».

Tyr, ville du Liban actuel, fut pendant 3000 ans jusqu’à la chute de l’empire byzantin en 1453 le centre de production de ‘la pourpre de Tyr’ le plus important du bassin méditerranéen. De vastes gisements de coquillages ont été excavés à la périphérie de Tyr.

« Le Péloponnèse est entièrement entouré par la mer, à l’exception de l’endroit où il tient au continent par l’Isthme de Corinthe. Les côtes de la Laconie fournissent des coquillages dont on tire une pourpre qui est la plus estimée pour la teinture, après celle de la mer de Phénicie. » Pausanias ( 115-180) Livre III 21-6 

Les vêtements de laine, lin et soie teints en pourpre réputés pour leur grande qualité mais du fait de leur prix très élevé, compte tenu du difficile procédé de fabrication, furent réservés dans la Grèce hellénistique, l’empire romain, l’empire byzantin, l’église catholique…à une élite politique, religieuse, militaire… devenant ainsi le symbole du pouvoir, d’une haute dignité, du prestige et de la richesse. La couleur pourpre reste, encore aujourd’hui, le symbole du pouvoir des cardinaux dans l’église catholique.

La pourpre est omniprésente depuis la haute Antiquité jusqu’à la Renaissance : pigments de pourpre sur des fresques à Santorin, dans les encres des enluminures de manuscrits médiévaux ; tissus, parchemins, vélins, papiers pourprés ; vêtements de l’élite dans la Grèce hellénistique, dans l’Empire romain, costumes cléricaux des Eglises orthodoxes et catholiques ; nombreuses occurrences sur papyrus égyptiens, tablettes de terre cuite aux caractères cunéiformes, dans la Bible, sous la plume d’Homère, d’Aristote, de Pline l’Ancien…

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Coquilles aérophones

Triton -Jacob de Gheyn (1596-1641) - Rijksmuseum

Triton soufflant la conque – Jacob de Gheyn (1596-1641) – Rijksmuseum

Lors de son cheminement entre Le Caire et Gaza à travers les déserts du Sinaï et du Negev, Pierre Loti évoque son arrivée sur les bords du golfe d’Aqaba :

« Maintenant, nous marchons sur des coquilles, des coquilles comme jamais nous n’avions vu. Pendant des kilomètres, ce sont de grands bénitiers d’église, rangés par zones ou entassés au gré du flot rouleur ; ensuite, d’énormes strombes leur succèdent, des strombes qui ressemblent à de larges mains ouvertes, d’un rose de porcelaine ; puis viennent des jonchées ou des monceaux de turritelles géantes, et la plage, alors toute de nacre blanche, miroite magnifiquement sous le soleil. Prodigieux amas de vies silencieuses et lentes, qui ont été rejetées là après avoir travaillé des siècles à sécréter l’inutilité de ces formes et de ces couleurs…On trouve aussi les cônes, les porcelaines, les rochers, les harpes, toutes les variétés les plus délicatement peintes et les plus bizarrement contournées, la plupart servant de logis à des bernard-l’ermite et courant à toutes petites jambes quand on veut les toucher. Et çà et là, de gros blocs de corail font des taches rouges parmi ces étalages multicolores ou nacrés. » Pierre Loti, Le désert

Les coquilles de divers mollusques gastéropodes qui depuis la lointaine Préhistoire ont été utilisés comme aérophones, instruments de musique à vent, pour émettre des sons et communiquer sont dénommées ‘conques’. Ce vocable regroupe en fait essentiellement 4 espèces de mollusques gastéropodes appartenant à 2 familles :

  • Les Strombidae : tel Aliger gigas (Linnaeus, 1758) dit  ‘strombe géant
  • Les Tritonidae ou Charoniidae : tels Charonia tritonis (Linnaeus, 1758) dit ‘triton géant’, Charonia lampas (Linnaeus, 1758) dit ‘triton à bosses‘, charonia tritonis variegata (Lamarck, 1816) dit ‘triton dentelé‘ 

Ci-dessous à gauche : Aliger gigas (Linnaeus, 1758) dit ‘strombe géant’. A droite : Charonia tritonis (Linnaeus, 1758) dit ‘triton géant’.

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La collection de J. Géraud, suite…

La collection de minéraux que l’ancien Président Jacques Géraud a légué au club en 2021 (voir article) est en cours d’installation dans les locaux de la Poterne.

Les 2 vitrines d’origine, insuffisamment stables pour être positionnées dans un lieu de passage (club musical) ont été remplacées par 4 vitrines colonnes équipées d’éclairage. Les premières pièces ont été disposées par Renée, Michel, Jean et Jacques. Les prochaines étapes consisteront au remplissage complet des vitrines, au regroupement des pièces par classes de minéraux, à leur étiquetage et à un inventaire précis de la collection.

Oups ! Une bavure du Club en 1983 !

En 1983, lors d’une sortie prélèvement à Villiers Saint Frédéric (78), les coquillards participants ont été surpris par l’arrivée du garde-champêtre et ont dû déguerpir par manque d’autorisation. Ci-joint le compte rendu de cette bavure de débutant, car on en est au tout début du Club. Il faut dire qu’à cette époque de nombreuses fouilles sauvages avaient lieu au bord de la voie ferrée. Mais pour une sortie organisée par un club c’est sans excuses.

Depuis, ce comportement ne s’est plus jamais reproduit et toutes les sorties ont été soumises à autorisation préalable du propriétaire du terrain ou de l’exploitant de la carrière.

 

L’ornementation des mollusques

Sommaire

** L’ornementation des coquilles ** L’ornementation des coquilles fossiles ** Modélisation mathématique en 2D et en 3D et reproduction en 3D ** Bibliographie

L’ornementation des coquilles

Les coquilles de nombreux gastéropodes marins (essentiellement tropicaux) sont ornés de motifs colorés qui présentent un grand attrait esthétique. Sans évoquer les motifs en reliefs : épines, voiles, côtes, bourrelets…

Une telle fulgurance dans la diversité de motifs géométriques sur les coquilles des mollusques et une telle régularité au niveau de chaque espèce, malgré un certain polymorphisme des motifs intra-espèce (voir ci-desous), a depuis longtemps intrigué les scientifiques.

 

 

 

 

 

 

Alan Turing, mathématicien anglais, (1912-1954) est le premier à décrire le processus chimique (système de réaction-diffusion) responsable de la pigmentation du derme (périostriacum) des coquillages.

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La spirale chez les mollusques

Tchatcheria mirabilis (Angas, 1877)

                                         Tchatcheria mirabilis (Angas, 1877)


Sommaire

** La fascination pour les coquilles ** La forme des coquilles ** Les spirales ** La fabrication de la coquille ** La composition des coquilles   ** Bibliographie
"Peut-être, ce que nous appelons la perfection dans l’art (et que tous ne recherchent pas, et que plus d’un dédaigne), n’est-elle que le sentiment de désirer ou de trouver, dans une œuvre humaine, cette certitude dans l’exécution, cette nécessité d’origine intérieure, et cette liaison indissoluble et réciproque de la figure avec la matière que le moindre coquillage me fait voir ?" Paul Valéry l’homme et la coquille (1944)

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Nouvelle livraison de planches photos

Xavier et Delphin ont mis les bouchées doubles pour une nouvelle livraison de planches photos de la collection des fossiles de Grignon : rostres de céphalopodes coléoïdes et marginelles.

  • Rostres de céphalopodes coléoïdes -photos de Xavier et planches de Delphin  

Des céphalopodes coléoïdes (du grec ancien κολεὁς, kholéos, « fourreau, étui », avec le suffixe -oïde, « forme, aspect ») trouvés dans la falunière de Grignon, seules subsistent à l’état fossile les coquilles internes minéralisées (micro-cristaux d’aragonite) et notamment les rostres. Ces coléoïdes tertiaires semblent être les maillons entre les Bélemnites,  disparues lors de l’extinction Crétacé-Tertiaire, et les Coléoïdes actuels (seiches, calmars, pieuvres).

Voir plus : « Microstructures des céphalopodes : le rostre de belosepia » par Yannicke Dauphin (MNHN)in Paläontologische Zeitschrift (1984) – Researchgate

Classification des taxons présentés dans les planches :

Mollusca, Cephalopoda, Sous-classe Coleoida, Ordre Sepiida

  • Marginellidae (Marginelles) – photos et planches de Delphin 

Le tridacne, « bénitier » par excellence

Le genre Tridacna est apparu au cours de l’Yprésien (56-47 MA), premier étage de l’Eocène. Dans ce genre, le Tridacna gigas est le plus gros coquillage au monde.

1- Etymologie de « tridacne »

Du grec ancien trídaknos (« dont on fait trois bouchées » à propos des gros coquillages, puis le latin tridacna (« grande huitre »).

2- Les tridacnes

Voir la documentation les bénitiers par URSULA KORN (plongée d’Illkirch 67)

 

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