Archives de catégorie : Uncategorized

Sortie au lac d’Orient

Notre voyage au Lac d’Orient 

Le lac d'Orient est à sec

Le vendredi à 13h30, nous nous retrouvons sur le parking de Mesnil Saint Père où nous attendaient Nicolas l’organisateur de cette sortie et ses parents. Se retrouvent ainsi Delphine et ses enfants Héloïse et Ewen, Léna, ainsi que Vincent et Jacques en covoiturage depuis Paris.
En route pour le premier site de fouille !

Le lac est effectivement à sec. Des souches noircies, restes de la forêt de chênes immergée lors de la mise en eau du barrage, affleurent çà et là. Des grues cendrées patrouillent et se font entendre au-dessus de nos têtes. Les bords du lac sont parsemés de saules, dont les troncs et les branchages sont envahis d’herbes sèches montant parfois jusqu’à deux mètres de haut. 

Partout sur le sol se dessinent des empreintes de grues cendrées, de sangliers et de chevreuils. 

Déjà tout le monde est accroupi à la recherche des ammonites, dents de requins, coraux, gastéropodes et autres bivalves…

 

👉  👉        l’intégralité du compte rendu

Les foraminifères de la falunière de Grignon

28 nouvelles planches de foraminifères de la falunière de Grignon enrichissent la collection numérique !

Nous avons le plaisir de vous présenter 28 planches inédites de foraminifères provenant de la falunière de Grignon, désormais accessibles en ligne dans notre collection numérique. Qui a contribué à cette belle réalisation ?

Ce projet a débuté en 2016 grâce à Hervé D., qui a réalisé le tri, l’identification et la photographie des spécimens de foraminifères issus de la collection de l’Université de Bourgogne à Dijon. Ce travail a été effectué à l’aide du Microscope Électronique à Balayage (MEB) du Laboratoire Biogéosciences de l’université.

Nous adressons nos sincères remerciements à la Plateforme GISMO et son personnel (Biogéosciences, Université Bourgogne Europe, UMR CNRS 6282, France) pour l’accès au MEB, qui a rendu possible la diffusion de ce travail, au bénéfice de tous les membres du Club.

Hervé D. a fait une présentation des foraminifères et ostracodes à l’équipe Grignon lors de la réunion du 15 novembre 2025. Voir le CR  de cette réunion.

C’est ensuite Delphin qui a assuré la mise en page et la conception des planches, permettant de présenter ces données avec clarté et précision. Ce travail minutieux et précieux facilite grandement l’identification de cette microfaune marine fossile.

Découvrir quelques planches ici :

Accéder à l’ensemble des  28 planches.

En complément, Delphin a également réalisé 17 nouvelles planches d’otolithes de Grignon insérées dans la collection de la falunière.    

Le byssus : entre ancrage marin, textile rare et biomimétisme.

Longtemps synonyme de tissu précieux en lin fin — le byssos des Anciens —, le mot byssus désigne aujourd’hui un système d’ancrage naturel propre à certains mollusques bivalves. 

Parmi ces espèces, la moule commune (Mytilus edulis) est sans doute la plus connue. Elle produit un byssus d’une efficacité remarquable, capable d’adhérer sur des surfaces mouillées tout en résistant aux contraintes mécaniques, ce qui en fait un modèle d’étude en biomimétisme (littéralement : imitation du vivant). Les performances de ce dispositif naturel inspirent aujourd’hui la conception de nouveaux matériaux souples, adhésifs, durables et biodégradables.

D’autres bivalves ont également suscité l’intérêt des chercheurs ou des artisans. En Méditerranée, la grande nacre (Pinna nobilis) ( photo à gauche) sécrète de longs filaments autrefois récoltés, filés et tissés pour obtenir une étoffe rare, parfois appelée « soie de mer ». Le bénitier géant tropical (Tridacna gigas), lorsqu’il est jeune utilise un byssus temporaire. 

Enfin, les anomies, comme Anomia planulata et Anomia anomialis — très présentes au Lutétien du bassin parisien, notamment dans la falunière de Grignon — ou Anomia ephippium, aujourd’hui commune sur le littoral atlantique, illustrent un autre mode d’ancrage : leur byssus traverse directement l’une des valves pour s’attacher au support.

 

1- Le mot byssus : de l’Antiquité à la zoologie moderne

Actuellement, le mot byssus, dérivé du grec bussos (signifiant « lin fin »), désigne l’ensemble des fibres sécrétées par une glande byssogène située dans le pied de l’organisme— chez certains mollusques bivalves (notamment de la famille des Mytilidés, Pinnidés, Pectinidés). Ces filaments leur permettent de s’ancrer solidement au substrat.

                                                                                   L’intégralité de l’article

L’homme mexica et le coquillage

 

Titanostrombus galeatus - Photographie d'une peinture sur une façade à San-Diego -California en Mai 2017 - © httpsmexican-fauna.org-

Titanostrombus galeatus – Photographie d’une peinture sur une façade à San-Diego -California en Mai 2017 – © httpsmexican-fauna.org-

Le 8 septembre dernier marquait la clôture de la magnifique exposition « Mexica », organisée par le Musée du Quai Branly à Paris. Les Mexicas, souvent appelés à tort Aztèques, étaient les derniers dirigeants du Mexique précolombien. Ils ont subi l’arrivée de Hernan Cortes et de ses soudards espagnols, qui ont rapidement renversé cet état puissant et pillé ses trésors.

Présentant les objets découverts lors des fouilles du Templo Mayor, l’exposition rendait un hommage fascinant à cette riche culture, bien que ses mœurs puissent sembler choquantes et cruelles. Leur pratique des sacrifices humains n’était pas une légende.

Les premières salles étaient consacrées à diverses sculptures, représentant des dieux grimaçants et des animaux bondissants. Ce que l’on attend d’une culture précolombienne, mais toujours impressionnant.

La troisième salle, également dédiée à la sculpture mexica, m’a réservé une surprise de taille : un énorme coquillage marin sculpté dans un bloc de basalte ! Quand je dis énorme, je veux dire vraiment énorme, sa longueur devant avoisiner le mètre.

IMG_2701a

Les campaniles géants et les rondouillardes Gisortia de notre Lutétien peuvent aller se rhabiller. En tournant autour, j’étais fasciné par la bête. J’ai essayé d’imaginer son poids. La science nous dit que la masse volumique du basalte est de l’ordre de 2,70 g/cm³. Dit comme ça, cela paraît modeste. Si l’on envisage ce mastodonte sous la forme d’un cylindre de 1 m de long par 70 cm de diamètre, on obtient un volume de 385 000 cm³, soit… 1 tonne !

Il représente un Strombidae sans aucun doute. Même s’il est très stylisé, il est probable que ce soit un Titanostrombus galeatus (Swainson, 1823), susceptible d’être pêché sur la côte est du Mexique. Les lignes de dos notamment sont particulières et très peu d’espèces présentent une telle régularité. 

Le sculpteur a cependant commis un certain nombre d’erreurs comme la lèvre beaucoup moins linéaire. Le canal est aussi beaucoup trop symétrique. Il est probable que l’artisan n’avait pas le modèle sous les yeux et qu’il a sans doute travaillé de mémoire pour immortaliser ce coquillage.

Le cartel nous donne peu d’informations à son sujet : « Sculpture en forme d’escargot » [sic, les archéologues ne sont pas des naturalistes !], si ce n’est qu’elle a été retrouvée à Mexico, lors des fouilles des vestiges du Templo Mayor, et qu’elle est datée entre 1325 et 1521. D’autres cartels nous apprennent que le coquillage représente l’inframonde dans l’iconographie mexica, le monde souterrain, sombre, humide et mystérieux.

Plus loin, une salle est consacrée aux dépôts votifs, aux offrandes placées à des endroits précis des constructions pour s’attirer les bonnes grâces des divinités les plus capricieuses. Là encore, les coquillages marins sont très présents, bien que sous la forme plus modeste de coquilles réelles.

Une coquille de Chama equinata, peu spectaculaire, posée à côté d’un élégant bol tripode en terre cuite, protégeait une canalisation d’eau.

 

 

Provenant des fondations d’un autre bâtiment, une autre vitrine expose quatre beaux gastéropodes marins. Le cartel indique « escargot » et « bigorneaux ». Là, on frôle le ridicule, heureusement des noms d’espèces sont proposés en petit. Les coquilles sont cette fois accompagnées de deux oursins et d’un fragment de corail. On sent bien que l’importance de la construction n’était pas la même !

D’autres vitrines présentent des dépôts similaires, exposant d’autres gastéropodes marins, accompagnés des restes d’autres organismes, boules de corail, carapaces de crustacés. Parfois, des coquillages en terre cuite sont adjoints aux coquilles réelles.

Rappelons ici que Mexico City est située à au moins 300 km à vol d’oiseau de la mer la plus proche, et à 2 200 m d’altitude. La présence de ces coquillages marins, aussi loin des côtes, utilisés dans l’iconographie et la religion mexica, n’est pas anodine. Elle illustre encore une fois notre fascination transculturelle pour ces merveilles de la nature.

Merci à Bernard Pattedoie pour l’analyse du Strombidae sculpté.

Xavier, pdt du club – juin 2025 

Eastern Pacific Giant Conch Shell

 

Les perles : de la nature à la culture

Huître Pinctada maxima avec la perle à l’intérieur – USS Bowfin Submarine Museum and Park à Pearl Harbor, Oahu, Hawaii – © Fammartin

"Kino introduisit adroitement sa lame entre les valves. Sous la poussée il sentit le muscle résister. Jouant de sa lame comme d'un levier, il le fit céder et le coquillage s'ouvrit. Les lèvres de la chair se crispèrent puis se détendirent. Kino souleva les replis et la perle était là, la grosse perle, parfaite comme une lune. Elle accrochait la lumière, la purifiait et la renvoyait dans une incandescence argentée. Elle était aussi grosse qu'un œuf de mouette. C'était la plus grosse perle du monde". John Steinbeck - La perle (1947). Trad Renée Vavasseur et Marcel Duhamel 

 

Discrète ou éclatante, la perle fascine depuis la Préhistoire. Produite par certains mollusques bivalves, elle naît d’un phénomène biologique complexe et rare. Ce texte, inspiré par l’exposition actuellement présentée à Paris, Paris, capitale de la perle, explore sa formation, ses usages anciens et la place qu’elle occupe dans l’imaginaire des civilisations.

«— Monsieur, qu’est-ce que c’est qu’une perle ?

Mon brave Ned, répondis je, pour le poète, la perle est une larme de la mer ; pour les Orientaux, c’est une goutte de rosée solidifiée ; pour les dames, c’est un bijou de forme oblongue, d’un éclat hyalin, d’une matière nacrée, qu’elles portent au doigt, au cou ou à l’oreille ; pour le chimiste, c’est un mélange de phosphate et de carbonate de chaux avec un peu de gélatine, et enfin, pour les naturalistes, c’est une simple sécrétion maladive de l’organe qui produit la nacre chez certains bivalves. » Jules Verne – 20000 lieux sous les mers (1870).

Les perles dites ’fines’ sont produites par des mollusques bivalves essentiellement de l’ordre des Ostreida, famille des Pteriidae, genre Pteria ou Pinctada qui sont abondants dans les mers tropicales.

Seules une douzaine d’espèces de ces 2 genres sont capables de produire de véritables gemmes. Leur coquille est tapissée de nacre argentée, ce qui les distingue des autres Pteriidae.

La formation des perles repose sur le même processus de biominéralisation que celui qui façonne la couche nacrée de la coquille de l’huître perlière. Commençons donc par en décrire le principe.

                            Sommaire

** 1 La structure de la coquille des bivalves ** 2 La perle ** 3 Les plus anciennes perles connues ** 4 La perle dans la Chine ancienne ** 5 La perle dans la tradition Hindoue ** 6 La perle dans les religions monothéistes ** 7 La perle dans l'Antiquité grecque et romaine ** 8 La pêche aux perles ** 9 La perle du moyen âge à l'époque moderne

 JD Mai 2025                                                                                                               

                                                                                        article complet

Un déménagement… cosmique

Le déménagement de l’atelier a fait l’effet d’un véritable big bang : nous passons d’un local de 35 m² à un espace plus modeste de 26,5 m². Un tri rigoureux s’est imposé. Parmi les objets à réévaluer, un tableau carré de 1,4 mètre de côté a suscité bien des hésitations. Fallait-il vraiment le conserver, au vu de sa taille et du manque de place ? Après réflexion, il est apparu évident que cette œuvre faisait partie de l’histoire du Club. Résolution fut donc prise de prendre un chausse-pied et d’accrocher le tableau, coûte que coûte, sur le seul pan de mur disponible dans le nouveau local.

Tableau de Marc Eperino représentant le big bang et l'expansion de l'univers

Ce fut l’occasion de raviver les souvenirs autour de ce tableau. Il a fallu faire appel à la mémoire de deux anciens adhérents du Club, Georges V. et Jean-Claude L. Ce tableau a été réalisé pour illustrer l’exposition Les minéraux : du Big Bang au cristal, organisée en 1990 par le Club à la Commanderie des Templiers de la Villedieu à Élancourt (78).

Peint cette même année par Marc Eperino, peintre amateur, il était une commande de Claude Grassi, alors secrétaire du Club, qui avait sollicité son ami Marc pour donner forme à cette vision cosmique. Claude Grassi est, par ailleurs, l’auteur du courrier qui permit d’obtenir, le 24 mars 1988, l’autorisation officielle d’accéder à la falunière de Grignon – interdite depuis l’accident mortel de 1976 (voir les débuts du club dans la falunière).

Le tableau représente le Big Bang – thème central de l’exposition – et l’expansion de l’univers. Il demeure aujourd’hui un témoignage de l’histoire du Club, à la fois œuvre d’art et fragment de mémoire.

 
 

Le Club à Saint-Germain de la Grange (77)

Archéologie en terre connue

Le Club Géologique Île-de-France animera plusieurs ateliers paléontologiques lors de la Grande Journée Archéologie & Paléontologie, organisée par l’association La Grange animée le 15 mars 2025 à Saint-Germain de la Grange (Yvelines).

La-grange-animee

Vous y découvrirez l’archéologie et la paléontologie locales à travers expositions, ateliers interactifs et conférences.

Quelques informations pratiques :

Le lieu : Salle Jules Gohard, 4 Allée des Sabotiers, 78640 Saint-Germain de la Grange

  • Matin (9h30 – 11h30) – Sur inscription

Atelier : « Techniques de fouille et de datation » animé par Seine et Yvelines Archéologie et la Grange animée

Billetterie ouverte ! Réservez dès maintenant https://www.helloasso.com/…/evenem…/ateliers-archeologie

  • Après-midi (14h – 18h) – Entrée libre

Exposition exceptionnelle : collections du CRARM, de Seine et Yvelines Archéologie et du Club Géologique Île-de-France

Ateliers participatifs : fabrication de bijoux néolithiques, poterie, découverte des techniques de fouilles, tamisage et extraction

Démonstrations scientifiques : observation de fossiles et minéraux à la binoculaire

Espace enfants : conte immersif sur le Néolithique

Conférence : les fouilles menées en 2021

Buvette et livret jeu pour petits et grands

Pour plus d’informations, suivez les actualités ici : https://www.facebook.com/LaGrangeAnimee

Venez en famille, entre amis pour une plongée unique vers le passé de Saint-Germain de la Grange !

Amicalement,

Xavier, Pdt du Club Géologique Île-de-France

 

Décès d’Hervé Lapierre

Cher(e)s ami(e)s,

Je réfléchissais à une première communication à vous faire en tant que nouveau Président du Club, le conseil d’administration réuni à l’issue de notre dernière AG ayant bien voulu me faire cette confiance, en l’imaginant pleine de projets et d’enthousiasme.

Malheureusement, je vous écris pour vous faire part de ma tristesse d’apprendre le décès de notre cher ami, et membre du club pendant tant d’années, Hervé Lapierre, ce matin. C’est une perte autant amicale que scientifique. S’il laisse plusieurs travaux inachevés, au- delà du scientifique toujours enthousiaste et passionné qui ne venait͏‌ jamais au pigeonnier sans avoir une nouvelle découverte, ou une nouvelle idée, à partager avec nous, l’homme nous aura aussi marqué par son humilité, sa gentillesse, et son hospitalité si amicale. Secondé par sa femme qui partageait certainement ses valeurs, il nous avait notamment accueilli à son domicile aux temps pénibles du Covid, où le pigeonnier nous était fermé. 

Nous attendons des informations au sujet de ses funérailles et des possibilités d’y assister pour témoigner de nos pensées attristées à son souvenir et pour sa famille en deuil.

Prenez soin de vous !

Xavier Vrinat, Pdt du Club géologique IdF

Triste communication en effet Xavier !
Cela a été un privilège de connaître Hervé Lapierre, une personnalité lumineuse et bienveillante, généreux de son savoir et de son temps, qui nous a donné de si bons conseils…L’exemple parfait du savant éclairant…
Maya
 
 
Correspondant régulier et co-auteur d’articles avec Dirk Nolf, scientifique de renommée mondiale spécialisé dans l’étude des otolithes, Hervé était un infatigable tamiseur de sédiment. Passionné par la microfaune – otolithes, chitons, ostracodes, algues et bien d’autres – il sollicitait ses collègues pour qu’ils lui procurent du sédiment de tous les horizons pour ses recherches.
Sa curiosité scientifique et son intérêt pour le fonctionnement général du club étaient exemplaires. Dès mars 2012, à la naissance de notre site internet, il avait généreusement accepté d’y contribuer en rédigeant un article pédagogique sur les otolithes de Grignon.
Un ami et réfèrent scientifique reconnu nous quitte.
Jacques
 

La science (et l’Association) perdent un vrai chercheur, un homme sympathique, dévoué et modeste. Quel dommage que des personnes de cette valeur ne puissent vivre plusieurs vies. Meilleures pensées à sa famille et ses amis.

François