L’Homme et la Coquille

 

GA 104-18 Architectonica (Nipteraxis) ammonites - photo Claude HY
GA 104-18 Architectonica (Nipteraxis) ammonites – photo Claude HY

Paul Valéry – « L’homme et la coquille« 

« Le hasard m’ayant prescrit d’écrire sur le thème des Coquilles, à peu près comme, au bord de l’eau, il m’eût offert à remarquer un de ces objets charmants, j’ai pris ce motif de merveille : j’ai fait ce que fait un passant qui vient de ramasser à même le sable telle petite coque calcaire, curieusement formée ; qui la regarde et la manie, en admire le tourbillon minéral, et l’ordre des taches, des stries, des épines, qu’il porte ou engendre, dans le mouvement disparu qu’il suggère. J’ai médité mon thème inattendu, je l’ai rapproché des yeux de mon esprit ; je l’ai tourné et retourné dans ma pensée…Je ne savais à peu près rien des mollusques, et j’ai joui de m’illuminer successivement tous les points de mon ignorance. » 

En peu de mot l’écrivain, comme un enfant, découvre ce qui nous attire, nous retient, nous passionne, que ce soit le coquillage actuel mais aussi la trace qu’il a patiemment laissée dans le sol. En effet, dans chaque fossile, on peut trouver de multiples sujets de découverte et d’émerveillement. Comment sont-ils arrivés jusqu’à nous, quelle a été leur vie, si courte soit elle. Comment sont-ils apparus, bien avant l’homme ? Qu’ont-ils vus, comment sont-ils disparus ? Les différents éléments de chaque coquille permettent de les identifier mais leurs formes sont surprenantes, singulières. Leurs spires se déroulent et s’ornent régulièrement de stries, de côtes, de varices, de costules. Leurs formes intriguent. Et que dire des couleurs qui les ornent encore parfois. Regardez une poignée de sédiments à la binoculaire, promenez vous au hasard parmi tant de beautés diverses, admirez le poli délicat des tubercules, l’éclat nacré de certaines coquilles, la variété incroyable des espèces qui ont vécu ensemble à cet endroit. Rêvez !

C’est pourquoi je vous invite à découvrir la paléontologie, à approfondir vos connaissances, à vous passionner pour elle, et, si vous le voulez, à nous rejoindre pour partager cette passion entre amis.

Claude Hy, Président 2005-2016

 

Les Coquilles : de la Préhistoire à la Paléontologie moderne

 

  • 1 – Parures préhistoriques  

     

 

                 Parures préhistoriques

 

 

  • 2 – Croyances populaires

 

Pierres étoilées, Œufs de Serpents (ovum anguinum), Cornes d’Ammon,  Pierres de Foudre, Glossopètres, Bufonites, l’Homme qui a vu le Déluge… 

                      Croyances populaires

 

 

  • 3 – Les coquilles dans l’art

 

  • 4 – Le fil rouge des Précurseurs 

Bernard Palissy « Inventeur des rustiques figulines du roi », Bernard Palissy crée un œuvre céramique grouillant de reptiles, batraciens et coquillages. Il met en scène un monde animal, végétal et minéral stupéfiant de vérité grâce à l’utilisation de la technique du moulage sur le vif et à la finesse des glaçures colorées transparentes, opaques ou translucides. Les coquillages sont essentiellement des moulages de bivalves : principalement des bucardes, des coques (Cerastoderma edule), des pétoncles (Chlamys sp.), des praires (Venus verrucosa), des nasses (Nassa reticulata) et de petits bulots (Buccinum undatum, le buccin). L’inclusion de moulages de fossiles du BP dans des plats type rustiques figulines semblent être l’oeuvre d’ateliers postérieurs à Bernard Palissy.

C’est surtout au titre de ces écrits ‘Discours admirables de la nature… et des pierres 1680 qu’il nous intéresse içi :  

Voir https://www.ouest-paleo.net/nos-articles/les-naturalistes-locaux/bernard-palissy/

 

Martin Lister  Historiae conchyliorum 1ère édition en 1685 Planches de coquille sans texte avec le nom et parfois l’indication de lieu. dessins et gravures réalisées en famille.

Lien sur document de la Royal Society

Antoine-Joseph Dezallier d’Argenville (1680-1765)

L’encyclopédie de Diderot et d’Alembert : le chevalier de Jaucourt, auteur de la plus grande partie des articles consacrés à la conchyliologie s’inspire des textes et planches de Dezallier d’Argenville

  • 5 – Les Cabinets de Curiosités

  • Empereurs romains Auguste et Tibère
  • Lettre sur le choix & l’arrangement d’un Cabinet curieux, écrite par M. Dezallier d’Argenville en 1727 :
  « Voici, Monsieur, une curiosité toute des plus naturelles, ce sont les Coquilles, je vous avouerai que j’ai les yeux satisfaits quand je les jette sur un tiroir de coquilles bien émaillées : j’y admire plus qu’en toute autre chose l’Auteur de la nature ; quelle variété dans les couleurs ? Il semble que la nature s’y soit jouée de même que dans les formes différentes des coquilles ? On les distingue en plusieurs classes ou familles, celle des Huitres, des Limaces, des Cornets, des Porcelaines, & autres. Voici celles à qui l’on a donné des noms. L’Amiral, le Vice-Amiral, l’Imperialle, le Nautille, la Concha Veneris, le Bouton ou Echinus Marinus, l’Escalier, la Thiare, la plume (sic), le Cloud, le Lepas, le Foudre, l’Hermite, la Brûlée, la Musique, le plein-Chant, la Gensive, la Quenotte, le Ruban, la Veuve, la Pie, le Tigre, la Cassandre, la Bouche d’or, celle d’argent, le Drap d’or, celui d’argent, la Peleure d’Oignon, la Moresque, le Casque, le Turban, le Scorpion, la Grive, la Guinée ou la Speculation, le Dauphin, le Manteau Royal, la Tonne, le Cœur, le Cadran, l’Araignée, l’Epineuse, le Rouleau, la Becasse, le Porphyre, le Cilindre, le Sabot, le Leopart, l’Ecorchée, la Mere-Perle ou la Nacre, la Porcelaine, le Maron rôti, l’Olive, l’Herisson, l’Oeuf, l’Agatte, le Cornet, la Magellane, le Teton, l’Oreille d’Asne, le Coûteau, le Cloporte, l’Hebraïque, la Tanée, la Meûre, l’Oreille de Mer, la Chenille, la Trompe, le Nombril, la Collique, l’Eperon, la Lampe, la Vis sans fin, le Brocart, le Fuseau, l’Hirondelle, l’Argus, la Couronne d’Ethiopie, l’Oreille de Cochon, le Chou, la Tour de Babel, la Figue & le Bois veiné ».

 

  • 6 – Les débuts de la Paléontologie moderne 

L’article « Conchyliologie » écrit par Le Chevalier de Lamarck, membre de l’Institut in « Le Nouveau Dictionnaire d’Histoire Naturelle appliquée aux Arts… » Tome VII p 412, 1817 Chez Detterville Libraire. Extrait :

 « A la vérité, pendant long-temps, la conchyliologie n’a été qu’un vain objet d’amusement, qu’un sujet d’ostentation et même de luxe ; en sorte que les collections dont elle étoit le but, ne produisoient guère dans l’esprit des propriétaires ou de ceux qui les considéroient, qu’une stérile admiration, soit de la multiplicité et de la singularité des formes des coquilles, soit de la variété presque infinie, et de la vivacité de leurs couleurs… Il en est résulté que les coquilles sont devenues un objet de commerce, et un sujet de spéculation pour les négocians voyageurs ; le prix extrêmement élevé par les amateurs, de celles qui sont très-rares, soit par leur espèce, soit dans leur volume et la vivacité de leurs couleurs, y ayant donné lieu. En cela, les naturalistes y ont beaucoup gagné ; car ils en ont eu l’occasion d’en observer un grand nombre, dont, sans cette cause, ils eussent probablement ignoré l’existence. »

L’article « Coquille » écrit par Le Chevalier de Lamarck, membre de l’Institut in « Le Nouveau Dictionnaire d’Histoire Naturelle appliquée aux Arts… » Tome VII p 556, 1817 Chez Detterville Libraire. Extrait :

« Pour le naturaliste, les coquilles sont des objets si intéressans à étudier, tant par leur nature, leur source, que par les particularités de leur forme, lesquelles sont indicatrices de celle de l’animal ; et pour les amateurs de conchyliologie, ces mêmes coquilles sont des objets si singuliers, si curieux, tant par leur étonnante diversité que par les couleurs brillantes et variées qui les ornent en général, que j’ai dû entrer dans les détails ci-dessus, pour faire connoître ces singulières productions animales. Une belle collection de coquilles, convenablement rangée, nous offre, en quelque sorte, l’aspect d’un parterre richement orné de fleurs, et cède à peine en beauté à une riche collection de lépidoptères »
  • Une lente évolution de la connaissance des fossiles du Bassin Parisien a été présentée par Didier Merle (MNHN) lors des Rencontres Géosciences 2016 organisées par la Société Géologique de France : comment les fossiles sont passés du statut de curiosités de la nature recherchés pour leur qualité décorative à un statut moderne d’objet scientifique. Document de présentation