L’Homme et la Coquille

      Chevalier et escargot – Enluminure du Livre d’Heures de Phillipe de Navarre attribué à Jean le Noir – vers 1360, BLL

« Passons aux murex et aux coquillages qui ont un test plus solide. La nature s’est fait un jeu de les varier de mille manières ! Que de différences dans les nuances que de différences dans les formes ! Ils sont plats, concaves, allongés, échancrés en croissant, arrondis en globe, coupés en demi-globe, élevés en cintre, unis, rugueux, dentelés, striés ; leur sommet se contourne en spirale leur rebord s’allonge en pointe, se renverse en dehors, se replie en dedans. Voyez encore : ils sont rayés, chevelus, crêpés, cannelés, divisés en dents de peigne, imbriqués, réticulés, étendus en ligne oblique ou en ligne droite, ramassés, allongés, tortueux, à valves attachées par une charnière peu étendue, réunies sur tout un côté, entr’ouvertes comme si elles allaient se choquer pour applaudir, contournées en forme de cor. Les coquilles dites de Vénus naviguent, et, présentant au vent leur partie concave, elles font voile sur la surface des mers. Les peignes sautent, voltigent hors de l’eau ; ils se servent, eux aussi, de leur coquille comme d’une barque. » Pline l’Ancien – « De natura rerum » trad E. Littré (1877)
« Le hasard m’ayant prescrit d’écrire sur le thème des Coquilles, à peu près comme, au bord de l’eau, il m’eût offert à remarquer un de ces objets charmants, j’ai pris ce motif de merveille : j’ai fait ce que fait un passant qui vient de ramasser à même le sable telle petite coque calcaire, curieusement formée ; qui la regarde et la manie, en admire le tourbillon minéral, et l’ordre des taches, des stries, des épines, qu’il porte ou engendre, dans le mouvement disparu qu’il suggère. J’ai médité mon thème inattendu, je l’ai rapproché des yeux de mon esprit ; je l’ai tourné et retourné dans ma pensée…Je ne savais à peu près rien des mollusques, et j’ai joui de m’illuminer successivement tous les points de mon ignorance. »  Paul Valéry – « L’homme et la coquille »

Quelques extraits complémentaires du livre de Paul Valéry « l’Homme et la Coquille » illustrés par des photos de fossiles de la falunière de Grignon. Et quelques textes de Francis Ponge « Notes pour un coquillage » et de Pablo Neruda «  Mollusca gongorina« . JD

 

                                SOMMAIRE
Avant-propos

1- Les Coquilles au temps de la Préhistoire 

2- Les Coquilles de l'Antiquité à la Renaissance : ** Les précurseurs avant la Renaissance

3- Les Coquilles de la Renaissance au Siècle des Lumières : ** Les Précurseurs de la Renaissance ** du XVIIème siècle ** du XVIIIème Siècle ** les Cabinets de Curiosités/Histoire Naturelle ** l'Encyclopédie ** les Débuts de la Paléontologie moderne

4- Divers : ** Croyances populaires ** les Coquilles dans l'Art ** Les Fossiles du Bassin Parisien ** L'homme et l'argonaute ** L'homme et le cauri, porcelaine monétaire ** Une version possible du mythe de Dédale

 

   Avant-propos

Ce document n’est ni une thèse sur l’évolution des relations de l’homme avec la coquille (terme générique pour le mollusque vivant, sa coquille ou son fossile) ni une histoire de la Malacologie ou de la Paléontologie des mollusques, arthropodes, échinodermes, chordés… C’est une sorte de catalogue avec en entrée quelques auteurs – parmi des centaines – et des extraits de leur œuvre qui dévoilent leurs pensées, leurs théories ou leurs croyances quant aux coquillages, aux ‘pierres figurées’, aux ‘cornes d’Am(m)on’, aux ‘œufs de serpents’, aux ‘glossopètres’… ainsi que leurs tentatives de représentation, de désignation, de description, de classement des coquilles et leurs explications sur l’origine des fossiles et les mécanismes de sédimentation. Toute une lente maturation de savoir cumulatif menée par les prédécesseurs, par les ‘précurseurs‘, au sens d’éclaireurs qui, par leurs tâtonnements, erreurs, incessantes répliques des idées archaïques ou leurs vues nouvelles, leurs fulgurances ont permis l’avènement de la paléontologie moderne.

Quelques témoignages à propos de la dette due aux devanciers : 

« La cause qui fait trembler la terre est due, selon les uns, à l’eau ; selon d’autres, au feu ; à la terre elle-même, disent ceux-ci ; à l’air, disent ceux-là ; quelques-uns admettent le concours de plusieurs de ces causes ; certains les admettent toutes. Enfin, on a dit qu’évidemment c’était l’une d’elles : mais laquelle ? On n’en était pas sûr. Passons en revue chacun de ces systèmes ; ceux des anciens, je dois le dire avant tout, ne sont que des ébauches peu achevées. Ils erraient encore autour de la vérité. Tout était nouveau pour eux qui n’allaient d’abord qu’à tâtons ; on a poli et affiné leurs grossières idées, et si l’on a fait quelques découvertes, c’est à eux néanmoins que l’honneur en doit revenir. Il a fallu des esprits élevés pour forcer les arcanes de la nature, et, sans s’arrêter à ce qu’elle montre aux yeux, sonder jusqu’en ses entrailles et pénétrer dans les secrets des dieux. Ils ont beaucoup aidé aux découvertes en les croyant possibles. Écoutons donc nos prédécesseurs avec indulgence ; rien n’est complet dès son début. Pour grands que soient les progrès, chaque siècle à venir en fera de nouveaux : mais, en quoi que ce soit, toujours les commencements sont loin de la perfection. » Sénèque – « Naturales questiones » – Livre VI (env. 64)
« Nous sommes des nains juchés sur les épaules de géants ; nous voyons plus qu’eux, et plus loin ; non que notre regard soit perçant, ni élevée notre taille, mais nous sommes élevés, exhaussés, par leur stature gigantesque. » Propos de Bernard de Chartres, enseignant, autour de l’an 1120, à l’école épiscopale de Chartres rapporté par Jean de Salisbury in « Le Metalogicon » (1159) – traduction E. Jeauneau in « Lectio Philosophorum. Recherches sur l’école de Chartres » (1973)

Saint Luc juché sur les épaules du prophète Jérémie - Lancette sous la rosace de la façade sud - Crédit Jean-Yves Cordier.Cette métaphore ‘des nains juchés sur les épaules de géants’ est transposée dans la cathédrale de Chartres sur les vitraux sous la rosace de la façade sud : on y voit les quatre évangélistes juchés sur les épaules de quatre prophètes. Ci contre, St Luc sur les épaules de Jérémie.

« If I have seen further than others it is by standing on ye sholders of giants »  «  Si j’ai vu plus loin que d’autres, c’est parce que j’étais hissé sur des épaules de géants. » Isaac Newton – lettre à Robert Hoocke (5 février 1675)

 

1-  Les coquilles au temps de la Préhistoire

Les archéologues ont découvert que nos ancêtres avaient déjà une relation privilégiée avec les coquillages fossiles ou non. Outre la collecte pour leur consommation et leur échange, il est attesté que depuis 100 000 ans les hommes utilisent les coquillages pour confectionner des parures et pour accompagner les rites funéraires. 

Les coquilles au temps de la Préhistoire

 

2– Les Coquilles : de l’Antiquité à la Renaissance

       2-1  Les Précurseurs avant la Renaissance

Avant la Renaissance
« Moi-même j’ai vu devenir mer ce qui était terre ferme, jadis, j’ai vu aussi des terres surgies des flots. Loin de la mer des coquilles marines ont jonché le sol. »  Métamorphoses d’Ovide (Livre xv) – Trad  A.M. Boxus et J. Poucet (2009)

Si certains ‘testacés’ marins sont abondamment décrits – l’oursin, le nautile, l’argonaute, le murex, l’huitre, le buccin – les fossiles sont peu présents dans l’Antiquité : même s’ils ont été repérés – les cornes d’Ammon [ammonites], les poissons fossiles de Turquie, les glossopètres [dents de requins] de Malte, les grains d’orge [nummulites] dans les pierres des pyramides – n’ont pas été reconnus comme des restes d’anciens animaux marins. La pensée romaine n’ajoutera pas grand-chose aux idées issues du bouillonnement intellectuel hellénistique lié à l’Académie (Athènes) fondée par Platon, le Lycée (Athènes) par Aristote et au Musée (Alexandrie) fondé par Ptolémée 1er. A partir du IIIème siècle après JC, la partition de l’empire romain, son déclin puis sa chute, va entraîner l’avènement du Moyen âge et de la Chrétienté. Le christianisme se révèle être un carcan intellectuel pour la pensée scientifique européenne. Croyances dans les forces occultes (cachées), influence des astres induite par le géocentrisme, pouvoir des pierres, alchimie…La poursuite de l’évolution scientifique s’opère dans le monde arabo-musulman. Le transport maritime en Méditerranée rendu plus difficile et plus coûteux conduit notamment à l’appauvrissement de l’approvisionnement en papyrus de l’Europe et à son renchérissement. Pour pallier cette situation, le parchemin comme support d’écriture se développe, mais, de par son coût et de sa rareté, l’écriture et la lecture vont devenir le monopole d’une poignée de lettrés, les clercs. Le livre devient un support rare et couteux ; ce qui va contribuer globalement au ralentissement de la transmission des idées et des savoirs, voire à leur perte et ce jusqu’à la maitrise de la fabrication du papier début XIVème et à l’invention de l’imprimerie par Gutenberg en 1458, un des marqueurs de la Renaissance. 

  • La Bible, Aristote, Pline l’Ancien, Ikhwan al-Safa (Les Frères en Pureté), Avicenne, Albert le Grand, le Combat des Chevaliers contre les Escargots                                                                                                                                            Les Précurseurs avant la Renaissance 

 

3- Les Coquilles : de la Renaissance à Paléontologie moderne

3-1  Les Précurseurs de la Renaissance

A l’aube de la Renaissance, le mot ‘fossiles‘ désigne tout ce que l’on trouve dans le sol, « les matières pour lesquelles recouvrer faut creuser la terre », dit Bernard Palissy (1580). Si les roches, minéraux, minerais sont exploités pour leurs propriétés, les ‘pierres figurées’(ces pierres qui ressemblent à des animaux marins existants ou à des animaux inconnus) ne vont pas manquer d’intriguer et donner lieu à toutes sortes d’interprétations et de croyances populaires issues de conceptions légendaires ou religieuses, même parmi les érudits : ce sont des fragments de géants, des créations de Dieu, de la Nature, issues de l’influence des astres, des créations nées par génération spontanée in situ dans le sol, nées de la foudre, de la circulation de sucs lapidificateurs, de sels, de fluides pétrifiants, d’exhalaison sèche ou humide, de la dispersion de germes, de semences ou déplacées suite au déluge biblique… 

De-ci de-là certains érudits vont malgré tout émettre des hypothèses quant à l’origine organique des ‘pierres figurées’, des explications quant à la possible modification du niveau des mers en refusant l’idée du déluge, évoquer des mouvements/soubresauts terrestres, théoriser les notions de strates, de sédimentation… Grâce à l’imprimerie, aux techniques de gravures sur bois puis sur cuivre, apparaissent des illustrations fidèles de coquilles et fossiles que certains auteurs commencent à décrire, à nommer, à classer…

Mais les conceptions religieuses et théologiques, notamment judéo-chrétiennes et la redécouverte des auteurs grecs contrarient l’essor de l’étude scientifique de la Terre. Mises à part les idées visionnaires de Léonard de Vinci qui ne seront pas…publiées, le talent et les pouvoirs d’argumentation des savants ont été condamnés pendant trois siècles à être gaspillés dans la discussion de deux questions simples et préliminaires : les fossiles sont-ils issus de ‘génération spontanée’ in situ par influence des astres ou ont-ils déjà appartenu à des créatures vivantes ? Le Déluge biblique explique t’il tous les phénomènes ? Et ce, jusqu’à la fin du XVIIIème siècle !

« Nous pouvons dire d’ailleurs que cette opinion ne nous est pas du tout personnelle, et que c’est une vieille idée qu’ont eue même des philosophes fort anciens. C’est qu’il faut bien le dire : ce n’est pas une fois, deux fois, ni même un petit nombre de fois que les mêmes opinions se reproduisent périodiquement dans l’humanité ; c’est un nombre de fois infini. » Aristote – Météorologiques Livre 1 – trad J. Barthelémy St Hilaire (1863) sur le site Remacle.org
  • Léonard de Vinci, Jacobus Meydenbach, Jeronimo Frascatoro, AgricolaConrad Gesner, Bernard Palissy, Ulissis Aldrovandi, Michele Mercati 

                                                 Les Précurseurs de la Renaissance

 

3-2  Les Précurseurs du XVIIème siècle 

Le brassage des idées s’intensifie au travers des voyages, des lettres et de l’impression et de la diffusion des livres. Une communauté savante européenne se constitue et dialogue en latin garce à la fondation de nombreuses Académies (l’Accademia dei Lincèi à Rome (1603), l’Accademia del Cimento à Florence (1657)la Royal Society à Londres (1660)l‘Académie Royale des Sciences à Paris (1666). Les collections se multiplient. Des évolutions considérables vont être opérées dans la description des coquilles, leurs classements -non plus tant par leurs motifs colorés que par leurs formes- et dans la précision des illustrations au travers de catalogues descriptifs. Mais sur le fond de l’origine des fossiles, les mêmes théories ont toujours cours. L’explication par la théorie du déluge biblique a même tendance à se renforcer malgré la première rupture majeure entre la théologie chrétienne et la science liée à l’affaire Galilée. Néanmoins Francis Bacon dans ‘Novum Organum scientarum (1620) et René Descartes dans son ‘Discours de la méthode (1637), sous-titré « Pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences » apportent une méthodologie, fondée sur le rationalisme, l’empirisme et le raisonnement inductif, qui va permettre l’essor d’une nouvelle recherche, en s’affranchissant des conceptions d’Aristote et de la théologie. Dans la seconde partie du siècle, l’embellie va se manifester sous la forme de la fulgurante publication (1667 et 1669) des 2 textes fondateurs de la géologie moderne sous la plume du jeune (il a 30 ans !) Nicolas Stenon et, sous l’impulsion de la Royal Society, par la fécondité des savants anglais (Robert Hooke, Martin Lister…) liée à leur intérêt croissant pour les fossiles et leur grande expérience du terrain, sans oublier l’apport considérable de Leibnitz. Embellie dont les français sont absents…

  « Il n’y a pas d’autres voies qui s’offrent aux hommes, pour arriver à une connaissance certaine de la vérité, que l’intuition évidente et la déduction nécessaire. » Descartes ‘Règles pour la direction de l’esprit’ XIIème règle. 

  • Basilius Besler, Fabri de Peiresc, Fabio Colonna, Agostino Scilla, Niels Stensen (Nicolas Stenon), Robert HookeMartin Lister, Johannes Reiskius, Filippo Buonanni, Geog Rumphius, Elie Richard 

                              Les Précurseurs du XVIIème siècle 

 

3-3  Les Précurseurs du XVIIIème siècle 

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Pour appréhender, au début du XVIIIème siècle, l’état des connaissances, le bouillonnement des idées, les confrontations entre savants, les soubresauts des diverses théories en vigueur concernant les Sciences Naturelles et notamment l’origine des fossiles, l’âge de la terre…, rien de mieux que de consulter les articles de vulgarisation scientifique dans ‘Histoire et mémoires de l’Académie Royale des Sciences‘ rédigés par Fontenelle (1657-1757) qui fut, de 1699 à 1737, le secrétaire perpétuel de cette Académie. Fontenelle est en effet un bon témoin de l’évolution des idées en matière de Paléontologie : Voir ‘De Fontenelle‘ – Journal des savants, M.J.P. Flourens (août 1845). Voir également l’article d’Arthur Birembaut ‘Fontenelle et la Géologie‘ – Revue d’Histoire des Sciences – Persée (1957). Dès le début du siècle on note une nette recrudescence de l’intérêt pour les fossiles qui désormais sont vus comme des « monuments » (du latin moneo : se remémorer) et des « médailles » et à ces 2 titres considérés comme les archives de la Terre.   

  • Johann Scheuchzer, Louis Bourguet, Benoît de MailletAntoine Joseph Dezallier d’Argenville, Carl von Linné …          

                                                        Les précurseurs du XVIIIème siècle

« Des pierres figurées enfouies dans le sol par Dieu qui a voulu mettre ainsi plus d’harmonie dans ses œuvres. » – Elie Bertrand (1766)

           

         3-4  Des Cabinets de Curiosités aux Cabinets d’Histoire Naturelle

 

Pétrarque - Poste française 1956De tous temps, l’accumulation d’objets a été pratiquée par certains monarques, aristocrates ou particuliers fortunés et lettrés…Mais c’est particulièrement à la fin du XIVème siècle sous l’impulsion de Pétrarque (1304-1374), qui vante la nécessité pour tout lettré de disposer d’un cabinet d’étude (studiolo en Italie), que l’on assiste partout en Europe à la renaissance des collections particulières qui sont élevées à la dignité réservée jusqu’alors aux bibliothèques. En France, le roi Charles V (1338-1380) et ses frères Jean (1340-1416) duc du Berry et Philippe le Hardi (1342-1404) duc de Bourgogne, sont les premiers émules de Portrait d'Isabelle d'Este par Léonard de Vinci (1499) - Musée du Louvre - Photo Thierry Le MagePétrarque. En Italie le studiolo de Lionel d’Este (1407-1450) à Ferrare et celui d’Isabelle d‘Este (1474-1539) à Mantoue sont particulièrement célèbres pour leur raffinement et les riches collections qu’ils abritent.   Les cabinets de curiosités

 

 

      3-5  L’encyclopédie de Diderot, d’Alembert et Jaucourt

            Premier tirage de la première édition de l’Encyclopédie – Exemplaire de la bibliothèque Mazarine – Crédit photo ENCCRE
« Ce qui caractérise le philosophe et le distingue du vulgaire, c’est qu’il n’admet rien sans preuve, qu’il n’acquiesce point à des notions trompeuses et qu’il pose exactement les limites du certain, du probable et du douteux. Cet ouvrage produira sûrement avec le temps une révolution dans les esprits, et j’espère que les tyrans, les oppresseurs, les fanatiques et les intolérants n’y gagneront pas. Nous aurons servi l’humanité. » Lettre de Diderot à Sophie Volland (26 septembre 1762)

Ce monument, symbole du bouillonnement intellectuel du 18ème siècle et de l’œuvre des Lumières qui cristallise toutes les réflexions des siècles précédents, est paru entre 1751 et 1772. Dirigé par Diderot aidé de d’Alembert puis du Chevalier Louis de Jaucourt. Les innovations de l’Encyclopédie : recours aux savoirs vivants dans toutes les disciplines (mathématiques, physique, chimie, médecine…) en faisant rédiger les articles par les savants, affirmation d’une critique politique du pouvoir de droit divin, des privilèges, des impôts injustes, d’une critique de l’intolérance, du despotisme et du fanatisme religieux, dénonciation de l’esclavage, de la guerre, de la torture, de l’obscurantisme, engagement pour la « variolisation », défense de l’empirisme…D’autres innovations concernent l’organisation raisonnée de cet énorme Dictionnaire, le nombre et qualité des planches d’illustration ainsi que la fluidité de « navigation » à l’intérieur de l’ouvrage à l’aide de renvois judicieux précurseurs des liens hypertexte d’internet.

Quant à l‘Histoire Naturelle elle est très présente puisque près de 5000 articles traitent de ce domaine. 

Quelques articles concernant les fossiles et Coquilles : articles 

 

3-6  Les débuts de la Paléontologie moderne

« Je donne le nom de fossile aux dépouilles des corps vivans altérés par leur long séjour dans la terre ou sous les eaux, mais dont la forme et l’organisme sont encore reconnoissables. »  Lamarck (1802)

L’article « Conchyliologie » écrit par Le Chevalier de Lamarck, membre de l’Institut in « Le Nouveau Dictionnaire d’Histoire Naturelle appliquée aux Arts… » Tome VII p 412, 1817 Chez Detterville Libraire. L’article complet

L’article « Coquille » écrit par Le Chevalier de Lamarck, membre de l’Institut in « Le Nouveau Dictionnaire d’Histoire Naturelle appliquée aux Arts… » Tome VII p 556, 1817 Chez Detterville Libraire. L’article complet. Extrait :

« Pour le naturaliste, les coquilles sont des objets si intéressans à étudier, tant par leur nature, leur source, que par les particularités de leur forme, lesquelles sont indicatrices de celle de l’animal ; et pour les amateurs de conchyliologie, ces mêmes coquilles sont des objets si singuliers, si curieux, tant par leur étonnante diversité que par les couleurs brillantes et variées qui les ornent en général, que j’ai dû entrer dans les détails ci-dessus, pour faire connoître ces singulières productions animales. Une belle collection de coquilles, convenablement rangée, nous offre, en quelque sorte, l’aspect d’un parterre richement orné de fleurs, et cède à peine en beauté à une riche collection de lépidoptères. »

         

4  DIVERS

4-1  Croyances populaires

Œufs de Serpents (ovum anguinum), Pierres figurées, Pierres étoiléesCornes d’Ammon, Poissons armés, Pierres de Foudre, Pierres judaïques, Glossopètres, Bufonites… 

                      Croyances populaires

 

4-2  Les coquilles dans l’art

 

 

          4-3  Les Fossiles du Bassin Parisien

La lente évolution de la connaissance des fossiles du Bassin Parisien a été présentée par Didier Merle (MNHN) lors des Rencontres Géosciences 2016 organisées par la Société Géologique de France : comment les fossiles sont passés du statut de curiosités de la nature recherchés pour leur qualité décorative à un statut moderne d’objet scientifique. Document de présentation

 

         4-4  L’homme et l’argonaute 

 

Zoom sur un mollusque céphalopode mythique :                                     L’Argonaute

 

         4-5  L’homme et le cauri, porcelaine monétaire

 

Le cauri est le premier et un des plus importants systèmes monétaires mondial :                                                                                      Le cauri

       

          4-6  Une version possible du mythe de Dédale

                                                                                                     Dédale

 

 

 


Bibliographie :

Jean Gaudant et Geneviève Bouillet, La paléontologie de la Renaissance – COFRHIGEO 2005 et 2014

Francesco Abbona, Géologie – DISF.org 2002

La main à la pâte, L’origine des fossiles : histoire des idées 

Blog Jean 50690, Fossiles et légendes 

Christian Moreau et Jean Gaudant, L’exploration géologique des Charentes (partie septentrionale du Bassin aquitain) – COFRHIGEO 2015

Wikipedia

Anna Marie Rosss, The Art of Science ; a rediscovery of the Liste copperplates – Royal Society

Géry Coomans, Bernard Palissy

Jean-Claude Plaziat, Les fossiles du Tertiaire parisien dans l’oeuvre de Bernard Palissy  – COFRHIGEO 2015

Gaston GODARD, Le Discours sur les coquilles de mer qu’on trouve en terre ferme, particulièrement en Champagne, adressé à Peiresc dans les années 1630 – COFRHIGEO 2004

Didier Merle, Les grands auteurs paléontologie du Lutétien 2008

Francesco Abbona, Géologie – DISF

Jean-François Tournepiche Fossiles. La paléontologie au XVIIIè siècle, 2014

Site de l’Edition Numérique Collaborative et CRitique de l’Encyclopédie (ENCCRE)

François Ellenberger, Histoire de la Géologie, T1 1988 et T2 1994

Site Curiositas

http://www.remacle.org/ L’antiquité grecque et latine du Moyen âge

Drawings of fossils by Robert Hooke and Richard Waller, Sachiko Kusukawa, Royal Society – 03 April 2013

JD mars 2021 

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